Gichin Funakoshi, le fondateur (1868 - 1957)

Maître FUNAKOSHI est né à Shuri, capitale royale d'Okinawa. Il est le fondateur du Karaté-Do. Gichin FUNAKOSHI naît à une période ou la modification des traditions séculaires d'Okinawa vont avoir une conséquence sur sa destinée. 

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 À l'époque féodale, seules certaines classes sociales avaient accès aux examens d'état. A la restauration Meiji, si toutes les classes sociales peuvent y prétendre, il faut être né après 1870 pour avoir le droit de se présenter. Avec l'aide des autorités locales, Gichin FUNAKOSHI falsifia sa date de naissance pour pouvoir passer l'examen de l'école de médecine, qu'il réussit. 

La Cour Impériale, pour bien marquer sa différence avec le régime Shogunal précédent, avait édicté une loi interdisant aux hommes le port des cheveux noués en chignon sur la tête. L'esprit traditionaliste de la famille Funakoshi, et les traditions d'Okinawa qui considéraient le port du chignon comme un symbole de virilité et de maturité, ne pouvait accepter cette loi qu'elle jugeait déshonorante. Le jeune Gichin FUNAKOSHI ne connu donc pas l'école de médecine.

Âgé de 15 ans, il avait pour professeur le fils de Azato ANKO, Maître Okinawaien du Todé, qui allait lui faire découvrir la passion de sa vie, l'Okinawa-Te, en le présentant à son père. 

En 1883, bien que préfecture du Japon, l'esprit et le cœur des Okinawaien étaient tournés davantage vers la Chine. Le "Japonais" était considéré comme un étranger; l'art du combat n'était enseigné qu'à des individualités de bonnes familles. C'est ainsi que Gichin FUNAKOSHI apprit l'Okinawa-Té dans un quasi secret. Au fil des ans, Gichin FUNAKOSHIse forma auprès des maîtres ANKO et ITOSU et vers la fin du XIXème, il perfectionna son art auprès d'autres Maîtres comme Higaonna KANRYO (1853 - 1916) et Arakagi KAMADEUNCHU (1840 - 1920) de la branche du Tomari-Té. 

Au début du XXème siècle, l'Okinawa-Té commençait à se démocratiser par l'intermédiaire de l'éducation physique scolaire. Sous l'impulsion de Itosu ANKO, Gichin FUNAKOSHI allait le populariser. À la fin de l'ère Meiji et à la mort de l'Empereur Mutsuhito, l'Empereur Yoshihito succéda et l'ère Taishô en 1912. Le Japon était devenu une puissance économique et militaire avec laquelle il fallait compter. Sorti vainqueur des conflits sino-japonais, en 1895, russo-japonais en 1905, et suite à l'annexion de la Corée en 1910, le nationalisme japonais était en pleine expansion.

En 1916 eut lieu la première démonstration de l'Okinawa-Té au Japon à Kyoto. Auparavant, dans l'île d'Okinawa, en 1906 et 1913, des démonstrations publics avaient eu lieu par des experts dont Gichin FUNAKOSHI, MOBUTU, MABUNI..... Le prince héritier Hirohito, en route pour l'Europe, fit escale à Okinawa en mars 1921 et assista à une démonstration de l'Okinawa-Té qui l'enthousiasma au point que les autorités de l'époque, en plein développement impérialisme et militarisme, virent dans cet art un moyen, comme beaucoup d'autres, de fortifier cette élite.

En 1922, mandaté par ses pairs et sur invitation de l'Empereur, Gichin FUNAKOSHI se rendit à Tokyo pour y faire une démonstration qui allait changer le cours de l'art du combat d'Okinawa. FUNAKOSHI avait été choisi pour ses qualités techniques et ses parfaites connaissances des coutumes Japonaises ainsi que pour sa maîtrise de la langue japonaise. Il était passé maître aussi dans l'art de la poésie et de la calligraphie.

Fort de son expérience, Otsuka Hironori appris très rapidement les techniques de l'Okinawa-Té. Après huit années de collaboration et avoir été l'un de ses premiers assistants, las des différents qui l'opposaient à Yoshitaka, l’un des fils de FUNAKOSHI, Otsuka HIRONORI quitta le Maître pour fonder, avec son consentement dit-on, le style Wado-Ryu.

C'est environ à cette même période que Maître FUNAKOSHI changea les idéogrammes de Todé ou Okinawa-Té, qui signifiaient "main de Chine" ou "main d'Okinawa", en idéogramme Karaté qui signifie "main vide". Il ajouta le suffixe Do (la Voie), ce qui sera d'ailleurs très utile pour faire accepter le Karaté-Do dans le panthéon des Arts Martiaux Japonais, le Butokukai. A cette période d'expansion du nationalisme, il n'était pas bien vu d'avoir des origines Chinoises. Maître FUNAKOSHI en profita pour transformer les noms des Katas "Pinan" en "Heian", ainsi que le nom des techniques, marquant pour ainsi dire "la japonisation" de l'art du combat d'Okinawa. Le nom "Shôtôkan" qui sera associé, par la suite au style, ne viendra que plus tard.

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