Les grands maîtres
Gichin FUNAKOSHI eut 3 fils et une fille, Yoshitaka vivait avec son père au japon et le reste de la famille à Okinawa. FUNAKOSHI père basait son entraînement sur la tradition, par la pratique exclusive des katas, de ses applications, des bunkaï et s’opposera toujours au combat libre et à la pratique sportive. Son fils préférait quant à lui l’esprit du kendo et du judo par la compétition. Instructeur entre 1938 et 1945 au dojo Shotokan, Yoshitaka met en place la chronologie des grades par les kyus et les dans. Il développe le combat libre selon des considérations stratégiques et techniques. Il développe le travail au bénéfice de la vitesse d’exécution et de l’agilité des mouvements. Il développe aussi le travail en position basse pour plus de vitesse, de puissance et de gestion de la distance. Il travaille également contre l’avis de son père, le combat souple et les différents kumite (kumi : qui se rencontre, et Te la main). Il introduit alors les formes de travail du ippon kumite, jyu ippon kumite et jyu kumite. Yoshitaka avec quelques uns de ses élèves dont NAKAYAMA, inclut l’exercice du combat libre dans sa pratique pédagogique avec des techniques de jambe jusqu’à lors inexistantes : yoko geri, mawashi geri et ushiro geri. Les positions sont plus basses, et plus ouvertes, les attaques sont longues et plus puissantes, proches du concept de chi mei (capacité de donner la mort en un seul coup avec ou sans arme). A partir de 1940, l’entraînement était dur et difficile au dojo shotokan. Yoshitaka est en conflit avec son père qui retourne en 1945 à Okinawa rejoindre le reste de la famille. En 1945 Yoshitaka meurt de la tuberculose.
Masatoshi NAKAYAMA (1913-1987)
NAKAYAMA, fils de médecin militaire et issu d’une lignée de samouraïs, débuta les arts martiaux par le kendo et découvrit le karaté et maître FUNAKOSHI à l’université de Takushoku en 1932. Nous sommes exactement à l'époque où FUNAKOSHI Senseï adopte le terme de karaté (la main vide) et modifie les anciens noms de katas de l'Okinawaïen au japonais (kushanku = kanku, chinto = gankaku...). En 1937 NAKAYAMA quitte le japon pour la chine où il est envoyé pour y être interprète. Durant ces années, il continue de perfectionner son karaté, et découvre différents styles de boxe chinoise. Influence qui engendra par la suite des modifications dans la pratique du karaté shotokan (le blocage effectué avec la plante du pied et le coup de pied circulaire inversé). Il ne rentrera au Japon qu'en 1946, pays alors au plus bas, maître FUNAKOSHI perd son fils Yoshitaka malade de la tuberculose. En 1949, les premiers élèves du vieux maître décident de créer "L'école du karaté Shotokan". Masatoshi NAKAYAMA, âgé de 36 ans, est responsable de l'élaboration des contenus techniques et de l'organisation de l'association Shotokan qui changent en 1954 de nom pour celui de : Association Japonaise de Karaté (JKA). De même, est officialisée l’échelle des grades (5 dan maximum) et les conditions d'obtentions. NAKAYAMA Senseï, vers 1935, souhaite développer les assauts conventionnels et les assauts libres, car il avait été séduit par les méthodes d'entraînements plus "physiques" dispensés par Yoshitaka FUNAKOSHI. C’est à cette époque que Jyu-kumité fait parti des épreuves du passages de grades. En 1954, Nakayama développe le karaté à son idée, en y introduisant la compétition, et il organise les premiers championnats en octobre 1957 à Tokyo au japon. Fort de ce succès de nombreux formateurs s’expatrient dans le monde entier pour l’enseignement du karaté. Le 14 avril 1987, Masatoshi NAKAYAMA meurt à l'âge de 74 ans.
Shihan Hirokasu KANAZAWA (1931) Né en 1931 à Iwaté, KANAZAWA est un des derniers élèves direct de Gichin FUNAKOSHI, fils et neveu d’expert en Ju jutsu, KANAZAWA pratique d’abord le kendo, la boxe anglaise et le judo. A l’université de Nippon Dai, ou il découvre le karaté basé sur le combat rapproché, mais c’est à l’école de Takushobu qu’il devient l’élève de NAKAYAMA, lors des cours de la JKA. Il devient alors l’un des réputés instructeurs combattant, tout en travaillant la communication, les langues étrangères et la pédagogie. KANAZAWA fut le premier champion du japon, deux années de suite, en kumité et en kata en 1957 (avec une main fracturée pour l’anecdote !!) et en kumite en 1958. Il devient alors instructeur à temps plein à la JKA, et expatrie son art en Europe et jusqu’aux îles d’Hawaï. Partout où il se rend, il crée et renforce les bases d'un Shôtôkan dur et pur, forme des instructeurs de qualité et contribue à la réputation internationale de la J.K.A. En 1977, vingt ans après ses débuts à l'étranger, KANAZAWA quitte la JKA et fonde son propre mouvement qu'il nomme Shôtôkan Karaté International (S.K.I.). Il peut alors donner libre expression à sa créativité et pratiquer son karaté. Il introduit dans sa pratique une nouvelle dimension, plus sur le travail des énergies « internes », issues des styles chinois traditionnels. Aujourd’hui 10ème dan, expert également en Tai-chi et rompu aux techniques du maniement des armes traditionnelles. « Il ne faut jamais négliger la dimension spirituelle. C’est elle qui vous permettra de pratiquer toute votre vie un karaté équilibré et adapté à vos besoins. Lorsque l'esprit est juste, le reste vient tout naturellement. »
Taiji KASE (1929-2004) Né le 9 février 1929 à Tokyo, Taiji KASE pratique tout d’abord l’aïkido et le judo. Il débute le karaté en février 1944 à l’age de 15 ans avec Gichin FUNAKOSHI et son fils, Yoshitaka. Passionné par cette étude, il s’y consacre exclusivement, abandonnant le judo au grade de 2ème dan. En 1945, il s’engage dans le corps des kamikazes de la Marine. La fin de la guerre, quelques mois plus tard, lui sauve la vie. Pendant ses études après la guerre, il devient capitaine de l’équipe de karaté de l’Université de Senshu. Entraîneur à l’université de Takushoku, il forme ENOEDA, SHIRAI, OCHI. Il est l’un des piliers de la JKA, tout en gardant des contacts étroits avec les leaders de l’association Nihon Karate-do Shotokai, d’EGAMI et HIRONISHI ; qui avaient été ses instructeurs. En 1964, il quitte le Japon pour enseigner en Afrique du Sud, en Hollande, en Belgique, en Italie, avant de s’installer en France. Son influence sur le karaté français, européen et mondial, est essentielle. Instructeur majeur du Karaté Shotokan de la JKA, il a toujours eu, cependant, une forme de karaté personnel. Il enseigne cinq ans au Dojo de la Montagne Sainte-Geneviève, chez Henry PLEE qui l’a invité à venir en France, puis au centre Daviel (Paris, 13e) en 1972, puis pendant trois ans à partir de 1973 rue Daguerre (Paris, 14e), salle ouverte de neuf heures du matin à dix heures du soir. En 1986, il ferme son dojo parisien et décide de voyager dans le monde pour enseigner son art. En 1999, il est frappé par un infarctus. Vingt jours plus tard, il est de nouveau sur le tapis. Taiji KASE, était d’abord une silhouette. Petite et large, le hara « puissant », elle exprimait le mélange de force et de rondeur qui le caractérisait, lui et son karaté. Il était exigeant avec les autres comme il pouvait l’être avec lui-même, mais sans autoritarisme. Celui qui avait été dans sa jeunesse l’homme chargé de répondre aux défis lancés à la Japan Karaté Association n’avait pas besoin d’imposer sa volonté aux autres. Comme en d’autres temps, sa posture tranquille, sa stabilité maîtrisée imposaient un message net à l’entourage : Même dans la rue, il ne serait venu à l’idée de personne de le bousculer ou de l’agresser ! Il aimait dire, en manière de boutade, qu’après avoir survécu à son engagement dans le corps des « kamikazes », rien de ce que la vie lui proposait ne pouvait être négatif, qu’il n’avait plus de raisons d’être triste. Et il promenait ainsi sur l’existence un sourire particulier, fait de joie de vivre et d’expérience mêlés. Plus peut-être que son niveau exceptionnel en karaté, c’est la force de ce charisme qui faisait sentir à son interlocuteur la profondeur de son implication dans le budo et l’incitait à le suivre avec respect. En savoir + : www.senseikase.com
Hiroshi SHIRAI Il découvre sa passion à 18 ans avec l’enseignement de senseï NISHIYAMA à l’université de Kobazawa. Il est très perfectionniste et travaille sans cesse, il passe son 1er dan au bout de deux ans de pratique et le deuxième dan à 22 ans. Il connaît de très bons résultats sportifs notamment une victoire contre ENOEDA, une autre légende des arts martiaux en finale des championnats du Japon en 1962. Ils s’affronteront plusieurs fois par la suite se partageant les titres. Hiroshi SHIRAI intègre lui aussi la fameuse formation des instructeurs de la JKA et décroche son diplôme en 1961. Il s’entraîne en parallèle avec senseï KASE à partir de 1959. Il prends en charge la responsabilité de la JKA en Italie.
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